
Point d’ouverture pour accéder au bonheur du pré. Comme quoi la bonne heure est une fermeture en soi. En quoi se limiter à la clé alors que le castor en singe donne au magnétisme sa dimension animale. Le lien est magique, un castor qui tombe à pic pour que le sésame s’ouvre. Le jeune est un castor en devenir, il donne du la où le ré mi n’a pas de clé. L’éclairage en place, le tarbais en réserve termine le bal des entrées.
Sur le pré du monde en canne, deux satellites trouvent leur bonheur à la marche, deux tours et puis s’en vont. La marche est le propre de l’homme debout. Le castor y trouve une avancée un pas à pas vers l’autre. Le Prez met en pratique le sublime d’une philosophie de l’être. Le poulpo sonne la cloche à chaque tour. Chaque tour de plus est un tour de moins con se le dise.
Au mieux, ça marche en courant, Olive en gazelle, Juju en costaud, Pédro sans en avant. Remettre le toucher à deux mains est une procrastination à rebours. Aubin a appris les règles à sa faveur. Une biscouette, un tour de rein pour le défenseur et l’accélération qui pleure tout espoir. Dudu le tour de rein il le garde pour le décalage. A chaque fois le trou est pris, la sautée une nostalgie, rien de mieux que le jeu au pré.
Jean-Phi en chasseur cueilleur. La cuillère est une attrape en désespère mais elle a son mérite de faire taire l’espoir du marqueur. Le reste est une affaire de bon sens et de prêté pour un rendu. Peter prend des photos. Une belle partie en somme, ce soir nos vieux s’occupent du reste. Des honoraires en cuisine quel bonheur. La douche et nous voilà.
Le printemps poursuit sa ronde de nuit en douceur. Au trou, le vieux quatre et Cougnaou faisaient la paire en cuisine. Il y avait un invité, Laurent Delboulbés. Ce pilier montalbanais a joué dans la cuvette de Sapiac, à Toulon, Oyonnax et dans notre chère UBB. Il s’est établi dans le Tarn et Garonne et travaille le canard. Il nous fit découvrir les charmes de sa reconversion.

Avant de lever la fourchette, nous rendîmes hommage à Christian Ithurbide que la faucheuse vient de nous enlever. Nous entonnâmes Hegoak et un chant de brousse cher à Fleur d’amour. Une dizaine d’entre nous étaient à Notre Dame de Sanilhac pour accompagner les siens.
Du céleri rémoulade, de la macédoine et des œufs mayo en entrée. Avec, ça et là, des produits de Laurent. Dont un exquis foie gras. Le céleri eut peu de succès. La macédoine davantage.

Pas d’axoa en guise de plat. Pas d’attentat. Non, un hachis de canard. Et sa salade. C’était bon. Le canard à la côte. Dudu, pourtant, vanta les charmes des oies et des demoiselles. Elles ne sont plus de saison. Les caprices de la mode mais aussi une histoire de gavage.
Le vieux quatre trônait. Nos deux Prez étaient côte à côte. Tout près de Guitou, sis en face de Laurent, et prolixe sur ses années de gloire. Arnaud arborait un noeud papillon. Comme un clin d’œil au printemps. Et à Christian.
Alain Charles exécuta un lancer d’assiettes parfait. Il a encore la main leste. Bien sûr, nous eûmes droit à du brebis.
Enfin une tourtière conclua nos agapes, flambée à l’Armagnac, cela va de soi. Nous eûmes droit à un café. D’aucuns trempèrent leur morceau de sucre dans leur tasse. Canard oblige. Titi eut une petite pensée pour What Else. Il le croise, parfois, sur le marché de Caudéran.

Nous restâmes longtemps attablés à papoter, avec du passe-menthe et Michel Delpech. Pas de comptoir. Ou très peu. Gaston encaissait les repas.
Une nuit printanière nous accueillit. Pas une goutte de pluie. La constellation des castors honorait une nouvelle étoile. Là haut, Coco continue de donner le la.