Par le Barde et Bardibulle
Après les boules, retour aux sources. Musard et trou. C’est la reprise.
Des marrons se posent aux pieds des passants, l’accès du pré est barré. C’est un murmure de rentrée de saison. L’été est en avance pour se terminer et l’automne ne se fait pas attendre pour sa débute. Le marron chaud est une flagrance sécure d’une fabrique du rugby à découdre. Il est en soi une marque de saison.
La météo est chafouine, un brin humide. Les castors sont cependant au rendez-vous. L’imper fera dans l’impair et inversement. Une équipe sera toujours en surnombre. Allez savoir pourquoi les castors arrivent par deux. Notre pinson est notre gardien du temps. Après Dudu, c’est Titi qui donne son doigt à notre hymne. David en jeune castor prête à bon propos au doigt l’origine du mot doyen. Tous les doyens sont bons en effets pour aboutir derrière la ligne. Le pinson à défaut de repli a son jeu dans la défense. Sa carte maitresse une bonne lecture dans le solide. Le pinson est poète et sa seule redoute réside dans le contre-pied. Le leurre est de croire que le sens du jeu est dans son contre sens. Dans ses mains, la beuchigue devient plume, il ne suffit qu’elle trouve bonne providence. Le pinson est costaud. Le Tarbais a aussi un côté pinson. Un brin filou quand le trou se destine. Jean phi sera en mal de cuisse. L’Œdipe n’a que faire de la relève quand les marrons sont chauds. Le somatique prête à la psyché un semblant de déjà-vu. A croire que le fils tient du père.
Un camp sera meilleur que l’autre. Bardibulle a appris de Guitou l’art de choisir son camp. Il sera du bon côté et bien en positif. Le toucher ne compte pas les gamelles. Gloire à Guitou. Point de marrons sur le pré. Le temps passe, la douche se fait chaude. Bouscaillou annonce ce soir c’est Amélie qui régale.

Au trou, le labeur de quelques-uns a fait des merveilles. Comme d’ordinaire, c’est Amélie qui régale pour nos premières agapes. Avec la complicité de son cher Croucrou.
C’est le cœur serré que nous avons pris place dans notre antre. Michel Viaud, le plombec, s’est fait la malle. Ce plombier au regard malicieux n’aimait rien tant que de commenter l’art contemporain lorsqu’il visitait ses officines. La visite du musée de la reine Sophia, à Madrid, restera à tout jamais l’un des must de sa dive parole.
Michel Moga nous annoncé sa disparition avec des mots si justes : « Triste nouvelle, les amis, j’apprends le décès de Michel VIAUD, dit le « plombier », à l’âge de 82 ans.Membre de notre depuis toujours il s’était isolé et il est mort en maison de retraite. Il disait, la différence entre Dieu et un plombier, c’est qu’en principe, un jour Dieu viendra. Très demandé, très drôle et bon vivant il déposait des outils chez les clients pour indiquer qu’il n’allait pas tarder à arriver. C’était un artiste du tuyau, un amoureux du travail bien fait. »

Ne l’oublions pas, si nous sommes un club fondé par des architectes, nous sommes aussi un club d’artisans. L’un ne va pas sans les autres. Plombiers, plâtriers, mais aussi artisans des mots, de la chansonnette…
Amélie n’a pas dérogé à la simplicité pour ce premier repas. D’une certaine manière, c’est un disciple de Saint-François d’Assise qui possédait « la grâce de la simplicité. » Ne nous y trompons pas, cette grâce-là est réservée à simplicité peu.
En entrée, une salade de tomates et une salade de pommes de terre, avec de fines lamelles d’oignons en traits d’union. L’épure de l’entrée. Un incipit savoureux et humble. Une leçon de vie.

Puis, un rôti de porc, goûteux, suave avec ses haricots. Des mogettes ? Des Tarbais ? Il y avait comme un air d’automne dans ce choix. L’automne n’est plus qu’à quelques jours.
Vint le temps des assiettes. Du chant des assiettes, un chant privé de mots, une antienne toute de notes. Croucrou et Amélie furent d’une dextérité rare. Même Jacouille parvint, tant bien que mal, à saisir la petite soucoupe volante. Deux grands bries trônaient sur deux assiettes.
C’est le temps des vendanges. Amélie avait jeté son dévolu sur du raisin et des pêches de vignes pour le dessert. Pas de superflu, rien que des produits de la terre.
Une belote de comptoir ici, de petits groupes papotant là, la soirée s’étira. Pépé et le Tcho commerçaient avec JB et Hamilton, Pépé flanqué d’un blouson Archiball, ceignant son corps svelte, un blouson d’antan n’ayant pas pris une ride. À méditer pour la boutique de notre cher Peyo.

Il pleuviotait sur Bordeaux lorsque nous sortîmes. De petites gouttes de pluies éparses. Hamilton chevauchait son vieux Peugeot rouge, le barde son Motobécane. JB raccompagna Pépé et le Tcho. Chacun de rentrer à demeure. C’est la reprise, la vie est belle.