Par Le barde et Bardibulle
Le pré est un rendez-vous pour les castors. Le week-end semble loin et le prochain si près. Le mercredi est un îlot dans la boucle du temps qui rend été hiver et hiver l’été. Le beau temps est dans sa limite de saison. Nos missionnaires s’en sont revenus d’Argelès. Ils ont brillé dans le nocturne. Le classement est une photographie dans la symphonie du moment. Les anecdotes en revanche ne sont pas figées. Garcimore la montagne ça le gagne. L’elixir dans le 51 n’a pas fait de miracle surtout sur le pré au grand dam de Sergio qui ne boit que de l’eau bénite. Con se le dise.

Il joue a capela. Chaque aventure rend le castor plus fort, en particulier quand il se prête au voyage. Cette fois-ci nos montagnards sont revenus armés en règle. La règle au toucher a pour le castor une tendance à l’interprétation. L’en avant et l’en arrière sans vidéo, et le toucher en 5 et 10 doigts donnent du moulin à recoudre pour les castors en herbe. El guano, évite l’arbitraire par des enjambées qui donnent au moins de 20 ans, moins de 20 ans. C’est Titi qui profitera du chaos. Le combat donne à l’expérience le sens du placé. Un brin à la limite du raisonnable pour embobiner l’arbitre du camp d’en face. Le jeu est loyal dans la règle où le hors-jeu est dans le jeu. Le pinson est caméléon il a le don de la téléportation, une apparition dans le sacré, une ascension pour le divin, un aplati derrière la ligne. Moralité rien ne sert de courir, il faut interpréter la règle à point.
Notre pinson sera le meilleur marqueur non pas par rapport au sens de la règle, mais par rapport à son sens du jeu. Gloire à Titi !
Il y a désormais un divan au fond du trou. Et le Bardibulle est aux anges. Un cadeau de notre Fayouz, sans doute en hommage à Goethe. Un divan noir prêt à recevoir corps et paroles. La tradition ne se perd pas, il y avait un divan rue de Bègles ; il était vert, peut-être.
Kiki eut aimé poser son séant sur ce nouveau venu, et porter un verre à ses lèvres, délicatement. Mais Kiki s’est fait la malle du côté du Bassin.
Le silence est de mise quand le chagrin est gros. Le trou fait un accueil à chaque marche des notes méditerranéennes donnent du vibrant à nos pas. La musique est du Sud comme la chemise du cuistot, à croire que le détail est une visée à la cuillère de bois.

C’est David qui était de bouffe. Il commença tout en tomates, avec de petits brins de basilic. L’été montre le bout de son nez. Des tomates multicolores, bien dans l’air du temps qui manque si souvent de couleurs. Des cœurs de bœuf.
Après ? Des boulettes de viande, des boulettes faites maison, avec des courgettes et des aubergines rissolées et des grains de blé – mais peut-être étaient-ce des grains de kinoa. Les boulettes ne connurent pas le succès qu’elles méritaient. Ce n’est pas un nom pour un met boulette. Faire une boulette réussie, c’est un peu un oxymore.

Le lancer d’assiette fut fracassant. Boki oblige. Sa main mit un temps fou à saisir l’ustensile. Et Jacouille pestait comme un beau diable. « Ça fera 15€ dit-il ».
Un bleu, un camembert et de la mimolette tendre pour fromage. Puis une tarte aux pommes sertie dans son emballage.
Flo, repu, regagna son divan, accompagné du Bardibulle et de Chewbacca. Ils s’essayèrent à des selfies avec l’appareil de Pioupiou, un verre de passe-menthe à la main. Près d’eux, les jeunes s’exerçaient à une belote de comptoir déjantée.
Une petite pluie laissait ses traces sur le pavé. Hamilton et le barde prirent le chemin du retour. L’un sur un Peugeot, l’autre sur un Motobécane. Fayouz, lui, ne résista pas à murmurer quelques vers du Divan de Goethe en pensant à notre Grognard :
« Que mon héritage est magnifique et vaste :
Le temps est mon domaine, et le champ est mon temps. »