Christian SIGNOLAT

Kiki, c’était un monde à lui tout seul. Un monde avec lequel il faisait bon vivre. Corrézien d’origine, c’était un nomade qui arpentait sans relâche les routes. Derrière sa truculence se cachait un grand cœur. Il n’était pas seulement un compagnon de tournée fantasque, drôle ; il était très attachant.

Amoureux du rugby, de la pala, des bonnes choses, épicurien en diable, il était toujours en quête de l’âme sœur. Peut-être la trouvera-t-il en haut ?

Ce petit bonhomme alerte, vif, souriant, a égayé tant de nos soirées. Il conversait, les doigts d’une main posés sur le socle d’un verre, un cigare dans l’autre. Il nous contait ses tribulations, ses aventures, déclenchant de retentissants fous  rires. Ainsi de cette nuit d’amour espérée dans un champ de maïs qu’un jet d’eau vint inopinément interrompre.

Ce fut un très bon demi-de-mêlée. Il joua jusqu’à un âge avancé. C’était aussi un merveilleux joueur de pala. Depuis de nombreuses années, il organisait, chaque été, des parties à la cancha de Pessac pour les castors sevrés de rugby. Il faudra reprendre ce flambeau.

Il s’était retiré sur le Bassin qu’il aimait et venait moins souvent. Mais il était là pour l’enterrement d’Ithurbide, témoignant de son indéfectible lien aux archiball.

Difficile d’imaginer que notre cher grognard n’est plus des nôtres. Il restera présent en chacun de nous. La faucheuse n’aura pas raison de lui ; nous ne lui ferons pas ce cadeau.

À sa manière, c’était un gentleman. Mais il n’en avait pas vraiment conscience. Il ne se haussait jamais du col. Comme l’on dit, il avait un cœur gros comme ça. Oui, difficile d’imaginer que Kiki n’est plus des nôtres.

Salut Grognard, on t’aime.

Archiball Bordeaux depuis 1969