Par Bardibulle et Chewbacca
Le pré synthétique respire encore l’humidité d’un Avril en termine. Le plastique c’est fantastique et la direction de Moga super doux. Le semblant d’herbe tient en allergie les crampons, et préfère des runnings, et déjà les silhouettes s’échauffent. Dudu, lui, ne court pas vraiment : il gravite. Il tourne autour du terrain comme une planète obstinée, fidèle à une orbite que lui seul comprend. On dirait qu’il cherche quelque chose, ou qu’il veille sur tout. A chaque pas sa chanson « Toi, petit, tu es de la dynamite ». Pas celle qui explose sans prévenir, non celle qu’on garde en poche, prête à faire sauter les évidences.
Le duyen, condensé de Dudu et doyen n’a pas son pareil. Ses étincelles sont en manque dans un monde de gestes répétés qui s’oublient à leurre d’été. Une allégorie vivante : dans ce champ clos et pourtant si ouvert, la passe était une promise que même la routine rend improvisée. Maxence tient du Dudu à sa manière, il fend l’air avec assurance. Sa course est droite, solide, presque rassurante. Il néglige les sautées c’est un signe !
Julien, lui, traîne une gloire ancienne dans ses jambes. La cuisse de Jupiter n’est plus ce qu’elle était. Le muscle, dans l’accélération, a perdu son allié le plus sûr : l’os solide porte pourtant bien l’élan. Il y a du panache, mais le corps hésite là où avant hier il tranchait. La cicatrice prend du temps.
Les retours intérieurs surgissent comme des intuitions, mais seulement lorsqu’ils ne sont pas mécaniques. Car ici, la répétition tue le sens, seule la surprise le nourrit. Dudu la note à chacun de ses tours de magie. Mélange de rythme et d’expérience. Un tango pour la XV !
Yaya, dans le familial, biberonné au handball léognanais, expérimente dans l’ovale une précision inattendue. Ses mains savent. Elles lisent les trajectoires comme d’autres lisent des phrases. Il donnera une passe, une vraie, une juste, celle qui ne s’explique pas mais qui tombe parfaitement. L’intuition est une intelligence éprouvée.
De son côté, le Tarbais avance. Une montagne mobile, compacte, que rien ne presse et que rien n’arrête vraiment. Autour de lui, le jeu s’organise, s’adapte, plie sans rompre. David devient philosophe a sa manière. Et le plus beau, c’est peut-être ça : aucun mot de trop. Pas de contestation inutile, pas de règle jetée comme une pierre. Une simple litote flotte dans l’air : ici, la règle existe, à peine. Car le propre du libre, c’est peut-être justement d’oublier la règle, tandis que le libre commun la rappelle sans cesse. Tout cela est à l’opposé de son jeu au pied, qui lui, reste au ras pour ne pas dire aplati. Il demeure dans les chaussettes. Il sera du coup homme du coup d’envoi. Pedro s’est élevé aussi à ses côtés dans le jeu aérien. Entre le départ et la réception, il n’y a qu’un mauvais pas. Le ballon aurait dû monter. Le temps aurait dû suspendre son souffle. Et pendant une seconde, l’équipe d’en face craindre en son entier une retombée. Il n’en sera rien. Le score donnera en revanche un profit au meilleur. La douche amorce du désaltère. Les lumières de Bègles pour nous diriger au trou. Ce soir, un métronome réceptionne,


Mozart de Chatbacca vs Mozart de Chewbacca
Mozart trouve en cuisine une nouvelle entrée en mêlée. Il s’en revient de Normandie, suivre les exploits de son petit fils. Le hockey sur glace a son champion Magnus avec les Boxers de Bordeaux et depuis dimanche son nouveau champion en D1. La dernière marche est souvent le plus dur des combats. Les Drakkars de Caen (à côté de Bordeaux lol)se sont battus contre l’équipe de Cholet jusqu’au bout des 5 rencontres de cette finale, sans jamais rien lâcher. Le dernier but des Drakkars permet d’égaliser et de pousser aux prolongations. Il tiendra de son jeune talent mais qui ne suffira pas contre un but en or. Bravo Paul pour ton drakkaractère, Bravo toute l’équipe des Drakkars pour la saison. La section Hockey Archiball a suivi chaque mercredi cette éprouvante et solide saison. Entre le rugby et le hockey, seule la couleur de l’herbe change. Enfin presque…

JB pour la console a vite sorti ses casseroles. Les castors aiment le sport et ont faim de sport. Le trou est un hymne aux rencontres. La mijote est en place, et ce soir cela sent bon.
Les hauteurs sont en profondeurs, quelques marches et atteindre le bonheur du trou. Croucrou est un gardien, Amélie en complice éternel accueillent les coureurs. Au comptoir l’arrière garde belote et papote. Amiral tient la barre. Le Barde chine a ses heures. Chewbacca de son côté découpe, tranche, son art est dans la bête. Des petits rectangles , une ostie qui garde son réel carné un brin incarné. Tout un symbole.
Notre Pépé, gardien du temple sonne le repas 22H06 pétantes.
JB, dit Mozart, ne parle pas dans sa compose. Sa routine est une improvisation constante. La partition tient du solo partagé. Son art est répété, maitrisé. Un inattendu attendu! L’entrée arrive dans l’annonce d’une promesse d’été, tomates rouges comme des soleils, avocats en douceur, noix qui craquent sous la dent, et un lacté chèvreux du Pays basque qui vient lier le tout. Rien ne dépasse dans le tout s’accorde. En bouche, c’est une passe fluide, comme JB sait si bien les faire, celle qui trouve son receveur sans effort. L’art est un don.

Le Saby coule à flot, un brin Coutou Suisse et avec lui les langues se délient. Le castor parle fort, Piou tient bon le bout. Ça sent le bon du vivre gascon, celui qui ne s’explique pas mais qui se partage.
Puis vient le principal. Une daube du pays origine chalossaise, dense, enracinée. Parce qu’il n’y a pas d’origine sans le noyau des Landes. Pépé porte un béret. Con se le dise. La bête a donné et dans ce sacrifice, il y a le brin du gout en respect. Carottes et pommes de terre absorbent du jus dit vins, portent, accompagnent. Mozart pilote un voyage dans le sens du culinaire. C’est un jeu d’avants : ça avance dans le solide sans précipitation calculée, un mélange d’avancée et de reculée, un régression progressive constante, issue de son instinct réfléchi.

Et l’attendu soudain, le lancer d’assiettes. Dans le silence tendu d’une douceur en transition, tout paraît suspendu, pour les anciens, il ne suffit que de 5 centièmes de secondes, repassons la scène au ralenti. Le passeur tient l’assiette contre lui, non pas comme un simple objet, mais comme une promesse : celle d’un geste juste. Il ne lance pas seulement une « assiette », il envoie une trajectoire pensée, presque méditée, où chaque détail compte, la position des pieds, l’alignement des épaules, la symétrie du mouvement. L’homothétie se confronte à la translation. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant dans le maestro tout est naturel. En face, le receveur n’attend pas vraiment : il reçoit. Il devient un point de rencontre entre la table et le ciel, entre l’intention et la réalisation. Ce n’est pas un jet, c’est une réponse. Une réponse à un code murmuré, à un regard échangé, à une confiance construite dans les rondeurs de l’ovalie. Le don est un art.
Le demi de mêlée dans sa discrétion trouve toute sa présence. L’essentiel d’une charnière éprouvée. Là où les autres tamponnent, lui reste aux commandes, un architecte à sa manière, tenant son rôle qui n’en est pas moins aérien. Il lit l’instant. Il se place non pas seulement là où l’assiette va partir, mais là où le jeu peut naître. Son adresse n’est pas qu’une question de mètres ; c’est une géographie d’un impossible possible.
On pourrait croire qu’il attend. En réalité, il organise. Il est déjà dans l’après : la passe qui fuse, la course qui s’ouvre, la décision qui tranche. Il incarne ce passage subtil entre la conquête et le mouvement. S’il est trop près, il étouffe ; trop loin, il ralentit. Il doit être juste, exactement à la distance où le geste devient fluide, où la continuité du jeu semble évidente.
Dans cette scène, chacun a sa fonction, mais tous partagent une même exigence : la précision. Une précision qui n’est pas seulement technique, mais bien dans son mythique. Car réussir le lancer, ce n’est pas seulement attraper une assiette. C’est prouver que, dans le tumulte du lancer, il existe encore des instants d’accord parfait où les corps, les intentions et le temps lui-même s’alignent.
L’assiette trouve des mains solides. Ici, la culture du pas de mauvais receveur seulement des lancers mal ajustés. Et ce soir, tout est juste. Aucune chute. Aucune faute. Boki confirmera la règle dans une exception. Le geste est propre, comme une combinaison répétée mille fois mais exécutée en une seule, parfaite.
Tout ça pour dire que le lancer avec JB c’est du parfait !
Les fromages arrivent en triptyque : morbier, brebis, camembert. Trois voix, trois textures, une histoire ou le lait rencontre le beau. Ça se répond, ça s’équilibre. On ne choisit pas et tout se goûte.
Le dessert traverse les frontières. Un panettone italien, posé là comme une évidence : parce que le goût n’a pas de pays. Parce que le plaisir ne connaît pas de ligne. La glace à la vanille vient caresser l’ensemble, douce, presque silencieuse. Le café What else.
Puis la soirée s’étire. Les liqueurs mentholées rafraîchissent les esprits. Les cartes claquent, une partie de belote, Maxence gagneur sur le pré le sera aussi aux jeux de dés. Luigi moins en gloire se saisit de l’expérience pour réviser ses gammes.
Au bout de la table, les anciens autour du cuistot. Dans un nuage lent, presque hors du temps, ils partagent un vieux cigare, point de demi de mêlée sans sa mêlée.
Hamilton chevauche son bicycle. Heureux du moment partagé. La descente du trou se fait sans roue. La remontée en devient plus rude. Le couloir, la ville en mouvement, il s’interroge si les étoiles sont les mêmes pour son compère en voyage. Le premier coup de pédale. Un air de Nougaro se glisse dans le tempo.
Chine Chine Chine
J’ai filé en Chine
J’ai trinqué, tchin-tchin
Des tass’s de thé au jasmine
Chine Chine Chine
Le Barde aussi tient sa nuit caline…