Par le Barde

Musard avait des airs de Sapiac



Musard avait des airs de Sapiac. Olivier rayonna. Au coup du chapeau, il ajouta un quatrième larron. Oui, il franchit à quatre reprises cette terre que l’on dit promise et qui, ce soir-là, lui était due. Certes, il n’était pas seul puisque nous étions quinze, mais il était dans son pré, at home. Pourtant, en face, Thibaud était en cannes. Et Patrice itou. Il retrouvait pour l’occasion, son Prez d’antan, le barde, avec lequel il exécuta une cubzaguaise.
C’était un beau premier mercredi de mars, aux relents de printemps. Luigi appréciait. Sur son aile, Alex attendait et lorsque la gonfle lui parvenait, il filait à dame. La Chalosse n’y va jamais par Quatre Chemins.
Le panache de Maxence
Ah ! Maxence. Ceux de Bergerac ont quelque chose en plus. Hamilton ne nous démentira pas. Quelque chose relevant du panache discret, d’un art de vivre et d’être qui rend la vie plus douce. Maxence était de bouffe. Nous étions trente.


Avant que le repas ne soit entamé, au bout de la table, une belote sans comptoir se disputait. Toto et le Prez contre Poulet et Titi. La première paire l’emporta. Sur le canapé, Flo papotait avec quelques
compères dont Nico. Il est cosy le trou.
Des œufs pleins la tête

C’est de saison, en entrée, des œufs mimosas. Amélie en raffole. Tout ce qui touche aux poules le comble. Les oeufs mimosas en particulier. Il y avait aussi de la laitue dans les saladiers blancs. Il ne resta pas un œuf. Fallait-il voir dans ce choix un clin d’œil à l’ove qui nous réunit ?
Et ce fut l’apothéose, l’apothéose d’une saison encore inachevée, avec une tête de veau à damner tous les saints. Une tête de veau sauce gribiche. La chair était suave, tendre et délicate, accompagnée de poireaux, carottes, pommes de terre. Un régal. La cuillère de bois est promise à Maxence. Exit les raviolis de Pioupiou. La tablée soupirait d’aise. Il ne nous manquait que Pépé. Seul le barde tiqua un peu. La tête de veau a des relents de guillotine. Mais nous n’étions pas le 21 janvier. Ses réserves furent domptées par l’exquis. Contre l’exquis, on ne peut rien. Cette tête de veau était noble, con se le dise. Avec ou sans Perdigue. Bien sûr Tautau nous certifia d’un parigot tête de veau. Rien à voir avec le plat dont les origines sont disputées. C’est une moquerie à l’endroit de ceux de la capitale. Tautau, peut-être, ne les aime guère.
Jean-Phi nous proposait une nouvelle cuvée, un Saint-Emilion grand cru 100% merlot, Château Mirotes 2022, qui allait comme un gant avec l’offrande de Maxence. Tout au bout de la table, Pioupiou savait son inéluctable défaite.

Tic: « Dis mon poulet, sais tu combien de temps il faut pour que le Mirotes ne fasse plus effet?«
Poulet: » Je ne peux pas te le dire, je suis tombé dedans quand j’étais petit. »
Une suite heureuse



Le lancer d’assiettes ne fut qu’une formalité dans les mains de Maxence. La maladresse de certains était la seule raison des quelques fracas que nous connûmes.
Côté fromage, camembert et chèvre. Pas de sec. La soirée était au suave, au moelleux, au tendre. Et, en dessert, un fondant au chocolat, coulant à souhait et des gâteaux de pommes, pas des tartes, des gâteaux. Certes, les pommes étaient un peu en désordre mais l’on s’en branle tant elles étaient exquises fondues dans une pâte ferme et tendre. Maxence s’en voulait un peu. Bien à tort.
Pas de belote de comptoir. À peine des fléchettes. Nous restions à table, comblés. Avec du jet. Sans passe-menthe. C’était un soir à commercer.
Loué soit Maxence
La nuit était douce. Les étoiles au ciel faisaient un doux frou-frou comme disait Rimb. JB souriait au temps qui passe, au joli temps de mars. Maxence rentra dans ses pénates le sourire aux lèvres, heureux d’avoir contenté ses pairs.