Par Le Barde et Bardibulle

Les castors sur le pré – 12 ventouse
Sur le pré il fait toujours bon. Un brin chagrin pour la météo. Au bord un JB, il est un sage sportif tout en étant un sportif sage. Point de qualificatif pour justifier l’homothétie, l’ancien neuf prend des notes, réajuste les lignes et défini avec Julien des phases de jeu pour nos castors en herbe. La sagesse mérite du poids. Jean Phi se prêtera à l’exercice malgré lui. Son mollet ne tiendra pas une accélération dont seul le viticulteur a le secret. La fracture est musculaire pour certains. Il rejoint l’infirmerie des castors pour tenir compagnie à notre trésor.
David fera des allers retours, les castors s’entrainent à la douzaine. Boki dans son premier tercio flirtera à l’aile. Du costaud qui sprinte, cela mérite l’oreille. Rémi est aux fourneaux et aux moulins. Un brin partout pour ne pas dire électrique! Il cuisine et il court, il pointera même un essai à la défaveur de l’équipe adverse. Il est vrai que si on aplatit dans notre en but, ce n’est qu’un renvoi et au toucher cela ne sert à rien. La précision tient du décalage, le Tarbais a fait son retour et cela se sent dans le sens de la feinte. Les référentiels s’inversent quand les montagnes sont sur le pré. Maxence se chauffe pour une nouvelle licence. Tient un Alexandrin. Le toucher compte le nombre de pieds con se le dise!
JB gardien du temps, regarde l’ombre des poteaux, l’éclairage pointe la nouvelle heure. Les castors sont en place, « Je pars affiner mes lignes au trou ». la douche chaude pour les coureurs, ce soir c’est la relève qui régale.
C’était le soir des stagiaires.
Ils étaient au nombre de 4 : Patrice, Luigi, Thibaud et Rémi. Un stagiaire c’est quelqu’un qui aspire au définitif en passant par le provisoire. Force est de reconnaître que le provisoire de ce repas d’hiver avait de la gueule. En sorte que le définitif ne saurait être bien loin. Balzac avait raison, « En France, le provisoire est souvent définitif. »
En encas, pour agrémenter les fines lamelles de jambon découpées par Chewbacca, il y avait des escargots à la mode bourguignonne. Un clin d’œil à notre pinson. Et des chips, et des cacahuètes. Comme musique de fond de la variété des années 79 et 80. Sanson, Balavoine, Fugain et j’en passe. Comme un hommage à un passé qui ne passe pas. C’est quand même mieux que le métal.
Du velouté aux diots aux crozets


Vint l’entrée : un velouté de champignons de Paris. Après la Bourgogne, la capitale. Un délice. Suave, délicat. Servi dans des coupelles, il fit l’unanimité. Les stagiaires font dans la douceur.

Puis nous fîmes un tour vers la Savoie. Luigi y a fait ses armes de cuistot. En offrande, des Crozets, ou pâtes savoyardes au Sarrazin, parsemés de diots (saucisse savoyarde, cela va de soi), le tout lié par de la crème fraîche et de la moutarde à l’ancienne. Une première superbe. Une première qui vaudrait cuillère si l’on anticipait la décision du jury.

Pépé eut cette pensée féconde : « On va pas chier de la poussière avec ça ». L’Amiral, lui, répugnait un tantinet à l’air des montagnes ; c’est un maritime. On ne lui en tiendra pas rigueur.
A quatre mains



Un lancer d’assiettes à quatre mains. Très inégal. Ça partait un peu dans tous les sens. L’union lorsqu’elle se disperse perd en efficace. Mais la fougue de la jeunesse vaut bien quelques bris d’assiettes. D’ailleurs Jacouillle ne broncha pas.
Rien à dire sur le fromage. De la mimolette vieille pour faire un petit tour en Flandre, un brie coulant à souhait et un fromage de Savoie façon tomme. Poulet apprécia.
Une tarte signée

Quelle tarte mes aïeux pour conclure. Aux prunes. Il n’y a pas que la pomme ! Il y avait ces mots si raffinés posés en amande : Archiball Enculé.
Fléchettes, avec un Seb royal comme d’habitude, et belote de comptoir pour conclure. Avec l’inévitable passe-menthe. Le trou vivait. L’hiver lui va bien.



La nuit nous enlaça comme nous sortions du trou. Une nuit paisible. Guitou rêvait à son fier passé dans son sommeil de juste. L’Amiral conversait avec les étoiles. La constellation des castors scintillait.