Par le Barde

Ils étaient huit sur le pré. C’est peu mais suffisant pour taquiner la balle. Il y avait comme un parfum d’enfance sur Musard. Pâques oblige. Aussi avaient-ils ceint la gonfle d’un ruban de fête pour célébrer celle qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un œuf. Dudu ôta le ruban et les hostilités purent commencer.

Au trou, le Poulpe attendait, près du grand Tom et de Pépé, de Yann, de Pioupiou, d’Hamilton et du barde. L’assemblée fut clairsemée mais nous étions quand même une petite vingtaine. Dont Perdigue.

Bien sur nous eûmes des œufs mayonnaise, une mayonnaise faite maison dans laquelle il disait bon tremper un petit bout de pain. Amélie n’était pas là pour célébrer les grâces du poulailler que quelques  asperges accompagnaient.

Puis, suite logique, nous eûmes du poulet, des morceaux d’entre-cuisse revenus au four. Et des petits pois, verts fluo, parsemés de petits lardons et de pommes de terre. Le petit pois est rare au trou. Et c’est dommage. On lui préfère le haricot. Il a ses charmes, mais le petit pois aussi. Qui pour se rappeler la publicité d’antan sur la nécessité du petit pois at home ?

Le lancer d’assiettes ne fut qu’une formalité pour le Poulpe. Ses tentacules sont d’une rare précision. Une machine. Les volatiles obéissent au doigt et à l’œil à leur maître.

Un camembert coulant à point et du far suivirent. Far aux pruneaux ou sans. L’âme bretonne du Poulpe s’exprimait. Le far est maritime, côtier. Boki, arrivé sur le tard, appréciait.

Une interminable belote de comptoir se dressa sous la paillote. Le comptoir était vide. De la musique. Du blues, du flamenco. Du Neil Young.

La nuit était paisible, la ville si calme. Plus une goutte de pluie. Le printemps revient. Le Poulpe regagna ses pénates. Il pensait à Titi. Une petite larme coula sur ses pommettes. Et il fit son pinson. Ses notes allaient crescendo dans la nuit d’avril.

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