Par le Barde et Bardibulle

Le mercredi est une retrouvaille. Un retour au pré comme de loin. Comme pour d’Artagnan, la magie tient de notre constance.  L’absence ne compte pas le temps dirait notre Piou poète, sept jours sont une éternité tandis que sept ans se tient d’une journée du comme si c’était hier. Freud tire sur sa pipe car les inconscients n’ont pas d’emprise sur le temps.


Les chefs se distinguent entre du brun et du blanc. Le cuir tient parfois du chauve qui peut. Témoin de l’âge qui se dissout dans un élan partagé. Nous étions bien en nombre sur le pré pour pousser le groupe à jouer à 4 équipes. Le groupe décida d’un face à face unique pour garder la ligne. Du 40 adverse à l’en-but, il n’y a que 400 pas. Du jeu à 12 en sommes. L’oxymore tient d’une proximité qui s’oppose. Le cuir comme amorce au mélange. Le jeune dans l’ancien et de l’ancien dans le jeune. Dudu sur la question tourne, tourne encore. La tranchée se dessine autour du pré. La célérité effleure la patience, la sagesse se murmure à une fougue partagée. L’expérience s’oppose dans le cuir des choses de l’apprentissage. C’est la beauté des générations qui s’embrassent, et qui donnent du rond, de l’ellipse, de l’ovale à ce temps qui court.

JB, dit Mozart, homme du match, maestro du numéro neuf depuis tant d’années.
Ancien neuf, il garde en lui la mémoire du jeu dans l’instinct des jours d’antan. Le moderne se fera dans l’interprétation d’une partition répétée. Sur une interception, il n’arrêtera pas uniquement les courses mais bien un temps. L’essai réclame son diapason. La note dans une partition rodée où tout n’est pas affaire de tempus mais bien de tempo. 

« Tempus fugit, sed ars manet » marmonne Dudu du haut de ses tours.  Et l’essai nait dans l’aplati pour une évidence retrouvée et dire que la prise du trou fait changer la jeunesse de camp. Là on tient de l’ éphémère éternel !
Dans la muse, Romanibus sur la question prend note : Le respect et le contrôle de soi ne sont pas le privilège des anciens. Ils habitent aussi les cœurs ardents qui apprennent à se contenir. Dans la tension du jeu, l’âme choisit de ne pas rompre. Il apprivoise la sagesse du Bambou. Se maîtriser, c’est offrir à l’autre une place, même dans l’affrontement. Sur le coup le Tarbais feinte et prend aussi le trou. Trop parler inhibe l’action. A défaut on tente par le pied et passer le mur de défense en hauteur. Du stagiaire au castor, c’est une affaire de temps.

JuJu observe, et travaille son groupe pour les matchs à venir. Après la fête de la morue, les castors ont un rendez-vous, con se le dise.

Douche et direction du trou, ce soir, c’est Olive qui régale ! Perdigue et Jaliberdigue sont en place.

Le trou était plein à craquer. Avril lui va comme un gant ; c’est le printemps et la jeune sève était venue en force. Pépé et l’Amiral, en gardiens du temple, veillaient. Il faut de bons chênes pour veiller au grain. Perdigue qui était là eût écrit du gland. Du gland au grain, il est vrai, il n’y a qu’un pas.

L’invité d’un soir

Il y avait un invité, un homme de rugby, le premier magistrat de la commune aux radis. C’est Amélie qui l’avait convié avec l’aval de Flo. Il était accompagné par son homme de culture et de campagne ; l’une et l’autre s’assemblent ; l’important, c’est de semer.

Un air médoquin

Olivier, l’homme du Médoc, le chasseur-cueilleur, le flâneur des marais, le cauchemar des limicoles, officiait. Pas de tête de sanglier sur la table. Pas de crus du Médoc. Du Saby, de la rive droite. Il faut nous mêler vaille que vaille. Ainsi étions-nous des deux rives l’espace d’un soir.

Un soir sans tambours mais avec trompettes

Avant que le repas ne commence, l’un de nos invités prit sa trompette et entama une marseillaise. Il joue bien le bougre. Faut dire que la trompette est son métier. Puis Flo prononça quelques mots ponctués par le te Deum de Charpentier . La  trompette donnait le la. Christian, le premier magistrat de la cité où nous taquinons la balle chaque mercredi lui répondit. Les trompettes retentirent de plus belle. Je dis bien les trompettes puisqu’un acolyte du premier souffleur se joignit à lui.

Pot-au-feu et blanquette

En entrée, une salade de pot-au-feu de belle tenue. Une entrée rustique et délicate. Les deux peuvent aller l’amble. Oui, le rustique peut être suave.

Puis une blanquette. On restait dans la tradition. Pas de pastis en pot, mais une blanquette nappée d’une sauce sans égale. Notre chasseur-cueilleur a du goût et nous en fit profiter. Il trônait tout au bout de la table, près de notre Prez d’hier et de Cédric.

Le vieux quatre entonna une espagnolade suivie d’Hegoak. Et bien sûr les trompettes l’accompagnèrent  avant de pousser une Peña Baiona. Tout le trou de chanter. Pas de chants béarnais. La plumée subie par Bayonne samedi dernier n’y était sans doute pas étrangère.

Un lancer sans fautes. Enfin presque. L’imperfection est la cime dit le poète. Ça voltigeait, tourbillonnait, sans que jamais l’apocalypse ne soit de rigueur.

Du comté en fromages. La presqu’île du Médoc est chiche en fromages. Puis, de petits gâteaux au chocolat fondant à souhait. C’était parfait et méritait bien un nouvel air de trompette. Et de biniou puisque l’amiral y alla de son instrument.

Délices de comptoir

Nous papotâmes  jusque tard dans la nuit. Pas de fléchettes. Accoudés au comptoir, nous conversions de tout et de rien. Nous commerçâmes sur les mérites du petit Montean des Drakkars de Caen, sur la venue de Montpellier à Chaban, avec un verre de passe-menthe. Flo faisaient des selfies avec les deux trompettistes et conversait avec son prédecesseur.



La nuit nous recouvrit de son manteau étoilé. Nous jetâmes un œil attendri vers nos aimés. Luigi regagna son antre béglais, Maxence son Bassin. Pas d’Hamilton pour accompagner le barde paré pour son voyage en Asie.

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