À Musard

Nous étions dix à Musard, donc  cinq contre cinq, jouant entre la ligne des quarante et la ligne d’en-but. Sur l’autre frange du terrain, les UBB girls répétaient. Régis et ses interceptions nous manquaient ; elles sont un peu son paraphe. David s’employa avec talent à le suppléer. Mais le Bardibulle nous manquait. Dudu rouspétait aux côtés de barde. Pedro subit le corps lancé de Jean-Phi. Maxence n’était qu’efficace et esthétique. Comme Seb. Un toucher d’automne, alerte, désordonné parfois, au son des UBB girls.

Au trou, l’amiral au pied levé

Au trou, c’est l’Amiral qui s’y colle. Ce devait être Pioupiou, mais comme il sera de service vendredi au golf, Fayouz demanda un remplaçant. À peine avait-il exprimé sa demande sur WhatsApp (groupe l’équipe à Dudu) que l’Amiral se porta candidat, avec ce sens de l’honorariat qui n’appartient qu’à lui et à JB. Un pied de nez en somme, une manière digne de souligner qu’un titre n’efface pas nos devoirs.

Roro s’était paré d’une chemise rappelant son récent périple polynésien. Un chapeau de paille et une chemise rouge aux motifs floraux. Un collier de coquillages ceignait son cou. Mais il n’est pas homme d’une seule île notre Amiral puisque la mer est son royaume. Aussi nous gratifia-t-il d’un punch sublime, préparé avec le meilleur rhum de sa cave, un rhum de seize ans d’âge, qu’il nous servit « à la volée ». Quelle offrande pour ses castors bienaimés !



L’entrée coco

En entrée, une salade marinée à la tahitienne : saumon, concombre, lait de coco, citron de vert… Comme il était fier de sa salade notre Amiral. Il l’avait recouverte d’un papier alu qu’il souleva avec une extrême délicatesse. Les îles ont du bon.



Avant de nous dévoiler l’entrée dont il tirait une si légitime fierté, il prit la parole. Et de nous déclarer qu’il mettait son collier en jeu par la grâce d’un tirage au sort. La participation n’était que d’1€ par numéro. Le gagnant remportait le collier et les recettes allaient dans nos comptes.

Qui dit honorariat dit paella

Même si elle ne se tenait pas dans une poêle mais dans une marmite, c’est une paella qui nous fut servie en plat principal. Pas de grosses crevettes, pas de chorizo. Juste ce qu’il faut. Et c’était bon. La paella sied à l’honorariat, ce n’est pas JB qui nous contredira. Peut-être Dudu ? On se rinçait au Reindent ou au rosé.

Le lancer d’assiettes fut sans rebuts. L’Amiral a la main souveraine. Jacouille ne rouspéta pas. Même si les rares fracas se tinrent de son côté. La faute à Croucrou je crois. Ou peut-être à Amélie.

Le tirage au sort

Juste avant le dessert, Roro effectua avec la complicité de Poulet le tirage du jeu d’un soir. Et c’est Olivier qui l’emporta puisqu’il avait choisi le chiffre 44. Ainsi ira-t-il chasser le limicole dans sa tonne du côté de la Charente dite maritime nanti de cet attribut des îles. Un juste retour des choses.



Flambent les bananes

Nous attendîmes un petit moment pour le dessert. Bananes flambées exigent. Et elles flambèrent toujours avec la complicité de Poulet au corps sculpté dans un tablier rouge. Le rhum était des îles of course. D’autres îles que celles du Pacifique. Et nous pûmes  achever le repas en soldant le reste de la bouteille.

Point trop de comptoir. Chacun de papoter à table. Pas de passe-menthe. Et la soirée de s’étirer lentement, doucement.

Nous rentrâmes dans nos pénates sous un ciel étoilé. La constellation des castors brillait de tous ses feux. Roro lui adressa un regard complice et tendre. Pépé prit le chemin de Talence en songeant à son périple à la Réunion. Il va se réchauffer dans d’autres îles encore. Oui, le castor est îlien. Notre trou n’est-il pas une petite île dans la cité ?

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