Par le Barde et Bardibulle

On l’appelle encore Amélie, mais il y a belle lurette qu’il a coupé sa toison. Sa chevelure poivre et sel n’y est peut-être pas étrangère. Hervé, pourtant, est resté le même. Il n’est pas de ceux qui se trahissent. Son alter ego, Croucrou, ne dira pas le contraire, cet autre plâtrier céleste, au crâne dégarni, qui besogne encore avec lui au gré de certains chantiers. Ils étaient récemment du côté du Ferret.

Ah ! Si vous connaissiez ma poule

La chanson préférée d’Amelie, c’est Ah ! Si vous connaissiez ma poule, l’immortel standard de Maurice Chevalier. Loin de se réduire au radis, notre béglais est aussi un adepte du poulailler ; il élève des cocottes. Comme le Bardibulle. La forme ovale est son domaine, il lui voue un culte. Avec ou sans plumes.

Soupe au trou n’est pas soupe aux choux

La soupe redevient de rigueur au trou ; c’est affaire de saison. Rien de tel qu’une bonne soupe de légume façon garbure nantie de quelques pièces de viandes de porc. Titi assura le service. Croucrou apprit au barde ce que le mot graisseron veut dire puis conversa avec Pépé fort marri de l’éclatement de la barrique où reposait son citronnier. Et Croucrou de lui dire : « On peut dire que la barrique fut. »

L’automne du gigot pascal

La suite, un gigot d’agneau cuit à merveille, à damner tous les saints, suave à point,  accompagné de petits haricots mâtinés de   lardons et de fines lamelles d’oignon. Un régal, une offrande pascale au cœur de l’automne. L’agneau n’était pas de Pauillac mais des Pyrénées. Amélie est un peu de là-bas désormais, puisqu’il voisine avec notre pinson du côté de Lescun.

Alors, se tournant vers Sergio, un autre pyrénéen, Trompette interpréta Étoile des neiges. Les bécistes n’entendaient pas en rester là et entonnèrent des chansons que l’on dit paillardes. Amélie fit la fine bouche ; il ne goûte  guère aux resucées.  Il aime que les chansons lestes soient mises au goût du jour. Et puis, il est du damier. Il fut l’éducateur des petits du CABBG qu’il porta par deux fois au titre suprême.

Happy birhday Bardibulle

Le lancer d’assiettes atteint une rare perfection. Elles fusaient, atteignant chacune leur destinataire. Pas un éclat sur le parterre du trou.

Question fromages, chèvre, camembert et gruyère. Puis des tartes aux pommes craquantes. Alors Trompette donna pour le Bardibulle un happy birrhday de légende. Bardibulle n’était pas là, gérant le temps qui passe en famille, mais Bardibulle est toujours un peu là, même absent. Comme JB.

Trompette et biniou font la paire

Le repas terminé, l’amiral sortit son biniou après s’être essayé à la trompette, et de jouer en duo avec Laurent Flowers of Scotland. Un duo biniou trompette, ça a de la gueule. Le trou initie de nouvelles formes musicales. Boulez n’a qu’à  bien se tenir, là-haut. Comme disait l’autre, « le contemporain est l’inactuel. »

Place à la belote et aux fléchettes. Place au passe-menthe. Luigi opta pour la belote, avec succès, Bouscaye pour les fléchettes, avec succès. Le score est le score et pour la décompte, un poussin égale deux! La soirée s’étirait en douceur, comme s’étire, lentement,  un banc de nuage.

Cot cot codet

Amélie regagna la cité aux damiers. Lorsqu’il franchit le seuil de sa maison, ses chères petites poules caquetèrent de joie.  Il s’employa à leur répondre. Elles gloussèrent de plus belle. Allongé sur son lit, il caquetait encore. Il s’assoupit enfin dans les bras de Morphée, laissant échapper, de temps en temps, de tendres cot cot codet.

Qui picore dans la mêlée finit toujours par trouver sa place en première ligne . Con se le dise

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