Par le Barde et Bardibulle

Mon Peter, la cuisine, c’est comme la potion magique: ça se prépare en respirant, pas en apnée!

Sur le pré, il fait bon

Au nombre de treize, les Castors se mettront en scène sur le pré. Dudu, en satellite, gravite autour de nous et nous enveloppe de sa sagesse. Il tient d’une chauffe qui dure, d’un moteur qui ronronne et ne demande qu’à monter dans les tours.

Courir autour, c’est déjà courir avec les joueurs. Maxime s’en inspire à grands coups de sifflet, tandis que Patrice et Luigi se prêtent volontiers au jeu des intervalles.

Anthony, dans le sens du toucher, possède l’empreinte du tact. Un brin percutant, un petit pas en avant, une course bien droite: voilà un joueur qui sait surprendre au contact et se montrer dévastateur au plaquage. Il s’annonce d’ailleurs dans une prise de licence, comme si le rugby et les castors lui avaient définitivement mis la main dessus.

Le jeu s’annonce équilibré, en un chassé-croisé d’essais où les amuseurs changent de camp et les défenseurs perdent parfois le nord. L’impair fait le nombre d’en face, tandis que le surnombre se dessine de l’autre côté. Tout se jouera en feintes, en passes et en inspirations à la tarbaise.

Au bout du compte, le score se décidera à la faveur du vainqueur, à un essai près. Pas une goutte de pluie, mais une lune en lumière, suspendue entre deux nuages, qui annonce enfin l’automne.

Une douche chaude, un pré qui s’éteint, les rues de Bègles pour la direction du trou. Ce soir, Peter et le Prezz nous régalent!

Les ondées de la veille

Les ondées de la veille avaient laissé des traces. Le trou était gorgé d’eau. Alors Chewbacca et Mozart se précipitèrent pour secourir leur Prez qui, associé à sa fée clochette, Peter, était de bouffe. Poulet, arrivé un peu plus tard, s’y mit aussi. Et le trio eut raison de l’eau comme Noé du déluge.

Le trou était d’attaque. Chewbacca put alors découper son jambon, Peter accompagner celui qui fut le premier des nôtres, Jacouille faire sa belote avec Poulet, le barde  et Hamilton.

Ils revinrent de Musard un peu après 21:30. Sapiac, Dudu, Maxou, Bouscaye Bardibulle, Trompette & co, Seb, Jean-Phi, Luigi… Pas de Pépé hélas, mais Alain, Pedro, Toto, le médoquin…

La table alternait des nappes de couleurs différentes. Le rouge se mêlait au blanc, au noir. Jacouille sonna le rassemblement. Le Prez et Peter nous servirent une soupe à l’oignon sans ail mais avec oignons. Elle aurait comblé notre Pépé.

Fayouz et les eaux

Alors Fayouz le Grand, l’immense Fayouz,  prit la parole et  détailla avec force précisions l’incident aquatique qui avait exigé réparation de la part du trio céleste. Il jura ses grands dieux que jamais plus le trou ne subirait l’outrage des flots. L’assemblée buvait ses paroles. Puis Pioupiou déclama son amour pour les siens, de remémorer la soirée de vendredi, du côté de chez Lamerat, avant de faire un câlin à son Bardibulle.

Servis par le Prez

Une entrée en douceur. Une soupe à l’oignon qui se déguste au coin du feu, et dans les profondeurs de la nuit, lorsque les cœurs s’éveillent et que les amoureux s’absentent pour se promettre à la vie, une chasse à cour pour certain un second souffle pour d’autres. Elle se prête avec du rien et incarne un tout. Une tradition présidentielle pour ne pas dire reine. Elle est un havre dans la nuit, enlacé par la douceur du bouillon et le croquant des croûtons dorés. C’est bien un plat d’union sans en avoir un trait. Une soupe à l’oignon signé avec deux Z qui veut dire le preZZ. TOP!

Comme le rôti de porc était suave. Comme ses petites pommes de terre coupées en deux, fermes, étaient bienvenues. Elles craquaient sous la dent, au grand dam de Peter qui les aurait voulues plus tendres. Le Prez nappa chaque assiette d’un peu de sauce après avoir servi chacun d’entre nous d’une main si généreuse.

Et le Prez de projeter l’une après l’autre les assiettes qu’il serrait contre lui sans qu’aucune d’entre elles ne viennent heurter le sol encore humide de notre antre. C’était parfait. Peter versa une larme devant tant de grâce.

Fromage et dessert

Vint le temps du fromage. Le camembert était rôti, qui a l’ail, qui aux sésame répartis en autant de petites graines.

Tartes aux pommes, aux prunes en dessert. Tartes craquantes. Tout avait été conduit de mains de maître. Un souper simple, juste, sans fausses notes. Trompette ne s’y trompa pas. Pas plus que son acolyte promis à l’orchestre de San Sebastian.

Une immense belote se dressa. Pedro pensait prendre le dessus. Las, sa main ne fut pas prodigue et c’est le barde qui l’emporta. Flo papotait. Puis une petite bande se mit aux fléchettes sous la conduite de Bouscaye. Le temps s’étirait comme une nappe de nuages, le temps flottait, le temps était suspendu.

Il pleuviotait. Le médoquin pensait aux vertus de la pluie sur le sol trop longtemps asséché de sa terre chérie. Quelques jours encore et les cèpes, girolles seraient de sortie. Luigi regagna la ville aux radis, Seb son Entre-deux-Mers. Le Prez fit un pas de danse sur le pavé mouillé et Mozart de fredonner : « Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,/Le beau temps me dégoûte et m’fait grincer les dents. » Quant au Poulpe, sans doute dormait-il et, rêvant à son cher trou pour être parmi nous.

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