Par le Barde et Bardibulle

Porto Rico

Sur les quais de Porto, deux castors sont Douro mal, Mozart,  Cary Grant and co se prêtent à des balades. Les coureurs sont des marcheurs qui s’ignorent. Des curiosités que seules les ruelles escarpées et les pentes pavées de la vielle ville de Porto, donnent à chaque pas une place à une histoire. Les rêves de Magellan qui a rendu le globe plus ovale que plat et les partitions de l’Amiral sublime avec son biniou comme cerise sur le chapeau. Mozart fredonne quelques notes, inspiré par le rythme des pas et des voix portugaises. A chaque pas son Fado. Cary Grant, lui, plaisante sur l’effort, gardant son charme intact.

Tempo Rico

A Moga, voilà que tout à coup le ciel est le bleu, voilà que tout à coup le pré se veut. Ce sont les castors du mercredi.

Au pré, notre Dudu ne se prête pas à la marche, son tour du monde il le fait autour du stade. La gravité sans satellite ne prend la marée. C’est à cela que l’on reconnait le solide. Son damier est un marqueur du temps. Nous étions donc  dans une ambiance mêlant sérieux et espièglerie. Boki en gardien du temple. La barrière est chafouine, elle se baisse après chaque passage. Le jeu se veut dans l’ouverture. Un duo, Le Barde et le Pinson, observaient avec ce mélange d’exigence et de bienveillance. Notre Titi aplatira à plusieurs reprises le ballon derrière la ligne. Le barde n’a pas son pareil.  Leur expérience pesait sur le terrain face à la légèreté des courses juvéniles.

Coco Rico

En autre duo, la Bigorre était en force, constitué d’un Sergio et le Tarbais. Leur engagement ne laissait aucune place à l’hésitation. Luigi, revenu parmi nous, apporta une énergie nouvelle, cette fois ci avec ses deux genoux.
Deux montagnes en opposition bien en place et du coup deux forces qui s’annulent. Principe de Newton en physique moderne et lois d’Aristote en philosophie appliquée. Le jeu se prêta à quelques dérives, les courses tranchantes et les passes qui décalent. Tout est une affaire de rythme. Notre trésor trouva de l’adversité dans des paroles encore mal placées. Les castors ont du caractère. Chaque avancée trouvait sa réponse immédiate. L’écho est un rebond sonore. Preuve que personne ne voulait céder. S’aider d’une passe n’a pas son pareil, soupire à propos Freud essoufflé. Puis vint le moment de la dernière phase. L’essai qui gagne. Julien, plein d’élan, tenta une percée décisive. Mais dans son ultime, il se claqua un cuissot. Un muscle qui se désosse un comble.

Toto Rico

Les bases furent répétées, pour ne rien laisser au hasard. La douche en désaltère, le chemin du trou dans les rues éclairées. Ce soir c’est Didier qui régale.

Nous étions une vingtaine. Nous ne nous mîmes à table qu’à 22:17 sans que Pépé ne batte le rappel. Il y a des soirs comme ça. La bonne heure n’est pas toujours celle que dicte la règle. Zinzin, en membre honoraire rompu à ses devoirs de membre ordinaire, officiait. 

Les carottes ouvrent le bal

À quoi bon le complexe lorsque la simplicité s’impose. Une bonne entrée en matière se fait dans l’épure. Rien de tel que des carottes râpées pour ouvrir le bal. Et un pain de poisson nappé d’une sauce suave et à propos que Zinzin répandait dans chacune de nos écuelles, une petite cuillère à la main. 

De la saucisse encore et toujours, oui mais rougail

La saucisse était encore de rigueur mais façon rougail. Nous ne rentrerons pas dans le débat de leurs origines même si celui-ci opposa Croucrou à notre cuistot du soir. Dans tous les cas, la saucisse rougail est îlienne  et cela seul importe. 

Il flottait donc un parfum d’île dans notre antre qui, à sa manière, est un peu une île, n’est-ce pas. La saucisse baignait dans son jus. Découpées en lamelles de tailles respectables, elle combla nos palais. Les plus hardis ajoutèrent une sauce au piment. D’aucuns prirent pour de la semoule ce qui était, en l’occurrence, de la semoule. Il est vain de chercher midi à quatorze heures au moment du dîner.

Lancer, roitelet et cookie crème anglaise 

Le lancer d’assiettes fut de très bonne facture. N’entendez pas par là que nombre d’entre elles se fracassèrent sur le sol et nécessitèrent   un rachat en monnaie sonnante et trébuchante. Bien au contraire. Didier a une bonne main. 

Un brie répondant au doux nom de Roitelet, un brebis, et le tour était joué pour le fromage. Le Roitelet était tendre et notre pinson, bien sûr, se régala. Il fallait le voir picorer son alter ego avec son bec. Il nous gratifia de quelques trilles. Quant à Jacouille, il déclama la fable du corbeau et du renard sous nos regards émerveillés.

Un gâteau au chocolat aux airs de cookie conclue nos agapes. Didier versa sur chacune de nos portions une crème anglaise que Pépé ne négligea point malgré son ire pour l’Outre-Manche. Il sait apprécier ses douceurs. La perfide Albion n’a pas que des défauts. 

Dives fléchettes 

Un concours de fléchettes opposa Seb, Pioupiou, le Bardibulle, Sergio et le barde. Seb d’abord puis Pioupiou l’emportèrent sous le regard de Johary, notre hôte du soir. Pas de belote, au grand dam de Jacouille. Et Pioupiou y allait de sa complainte canine avant que nous ne quittions le trou.

Une nuit constellée 

La nuit nous cueillit dans son infinie mansuétude de printemps. Pas d’Hamilton pour accompagner le barde à bicyclette. Pas davantage de JB pour rejoindre la banlieue villenavaise puisqu’il vadrouille vers Compostelle avec JP. Tautau jetait de, temps à autre, un petit coup d’œil vers les étoiles, vers notre constellation préférée dont s’échappait une mince fumée. Kiki et Guitou partageaient sans doute un Havane. Le plaisir est sur terre et dans les cieux.

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