Par Le Barde, Bardibulle, Mozart

Ce mercredi sonne le glas, celui du mois guerrier, le premier Avril pour les castors se joue donc sans poisson scotché sur le dos. L’idée entraînement rugby flag s’interroge pour un jeu à demain. Les matchs se destinent à une rentrée prochaine. Le terrain n’est jamais lourd, synthétique oblige. Cela n’empêche l’intensité des belles rencontres et d’un jeu de va et vient où l’ovale donne toujours du fil à retordre ou à raison. Juju mène la séance avec rythme et exigence, il est haut le bougre en touche qui se font à ras. Il enchaîne vite et impose aucune triche.

Notre pinson, lui, a clairement pris du plaisir. On le voit dans son jeu, dans ses courses, et dans son sourire qui ne tient pas uniquement à une douche bienfaitrice. Le jeu sans qu’il soit dans l’équilibre a imposé des courses à chaque camp. Des interceptions, des sautées, et du décalage comme l’exige notre amour d’un jeu d’antan. Et puis il y a Dudu, en mode satellite, il tourne et tourne autour du terrain sans arrêt. Il observe, taquine, hésite le jeu ne se prête pas à son physique et pourtant, et pourtant, il en a sous capot le castor. Toujours en mouvement, jamais vraiment dans l’axe, et à chaque pas, une hésite pour rentre dans le la là.

En face, les gazelles vont vite, très vite, trop vite, Rémi doute et réclame un équilibre. La jeunesse doute du temps.  Ça oblige tout le monde à se poser des questions, surtout les gros : on y va ou on temporise. Temporiser, le temps de le dire qu’il se fait tard et pousse donc à y aller. Le temps donnera du coup raison à l’évidence. Rien ne sert de courir, il faut servir à point.

Pas de blague pour ce 1er avril, Artémis est dans son starting-block,  les castors en bonne compagnie visent aussi la lune.

Jean phi – « Nous sommes ici pour nous occuper du pré et non de la Lune. »
« Tu as raison, mon Jean Phi, répondit le Tac sans son tic, la discussion s’est égarée. Revenons au pré.
— Mon Tic, reprit Jean Phi, tu prétends que notre jeu est habité. Bien. Mais s’il existe des castors, ces castors là, à coup sûr, courent sans respirer, car — je t’en préviens dans ton intérêt — il n’y a pas la moindre prise du trou qui ne vise la Lune. » A cette affirmation, le Tic réclama son poncho à la boutique; il comprit que la lutte allait s’engager entre castor sur le vif de la question. ”

La douche, la route d’une rue de Bègles qui s’illumine. Ce soir c’est Rocchietteer qui régale!

Seb n’était pas de pré. Ni Christophe. Ils compensèrent par une partie de fléchettes. Pas de belote pour Jacouille, le temps est aux fléchettes. Mais la belote reviendra. Autant Seb paraissait tendu, autant Christophe paraissait à son aise. Et pourtant Seb l’emporta. Et Dom n’était pas loin. Ni Maxence.

Dom était commis de bouffe. Plaisir de le voir parmi nous. Son pays basque lui va bien. Notre roc est en forme. Le temps ne semble pas avoir de prises sur lui. Jacouille était un peu ronchon. Il n’aime pas cette heure d’été, il n’aime pas que l’on joue avec le temps. Quelle sotte idée que de mettre l’été dès le printemps maugréait-il. Et de penser à Saint-Augustin. Plaisir aussi de revoir le grand Tom.


Tiens voilà du boudin

Comme nous étions légion, il y eut du boudin, et plus précisément un collier de boudins entourant un pâté rond sur le quel était disposée une étoile toute de cornichons. Il y a de l’art chez Domi. Les mauvaises langues, comme Perdigue,  diront du lard, mais elles se trompent. Dom n’affiche pas la moindre chair surnuméraire. Amélie adouba le doux boudin de Dom en connaisseur.



C’est le temps des saucisses

Quand on vous dit que c’est le temps des saucisses ! Et l’on pourrait ajouter des lentilles. Mais on ne s’en lasse pas. Surtout quand le printemps est à la peine. Étaient-ce des saucisses de Toulouse ? Un clin d’œil à notre cher Tarlousain ? Allez savoir. Domi est un tendre, comme sa saucisse, et sans doute y-avait-il de cela. Le Reindent parut un peu âpre à Chewbacca. Il jeta son dévolu sur le château Mitrotes. Et d’en commander derechef à Jean-Phi.

Miracle d’avril

Le lancer d’assiettes fut fulgurant. Mais il fut aussi l’occasion d’un miracle. L’une d’entre elles se figea au-dessus du chef de Fayouz. Pâques n’est plus qu’à quelques jours et Dieu avait reconnu le premier des nôtres. Amen.



Dom est un basque d’adoption, et c’est tout naturellement un gâteau éponyme qu’il nous proposa en dessert. Il n’y a pas que la tarte aux pommes. Son gâteau n’avait rien d’un étouffe-chrétien. Croustillant et suave, il fit l’unanimité et reçut la bénédiction de Flo toujours nanti de son auréole. Comme nous étions loin du Savane à deux balles de Pioupiou qui voit, chaque mercredi, sa cuillère de bois se refusait un peu plus à lui.

Les fléchettes reprirent de plus belle. Bouscaille et le barde s’en donnaient à cœur-joie. Fayouz, dépourvu désormais de son colifichet, n’était guère en verve. Le passe-menthe coulait à flots. On conversait ça et là, bercé par des chansons d’un autre temps comme Les neiges du Kilimandjaro. JB dégustait.

Puis la nuit nous accueillit. La Victoire bruissait. Chacun de prendre le chemin du retour. Dom fredonnait le printemps de Vivaldi. La vie est alerte, gaie et le trou l’embellit. Chaque mercredi est l’occasion d’une petite résurrection, celle du cœur. Et le cœur est éternel. Amen.

« Point de trou sans son doigt. Con se le dise »

Poulpo

Archiball Bordeaux depuis 1969