Par le Barde et Bardibulle

Sur le pré, les castors étaient en nombre. Aubin arriva sur le tard, point de tour de chauffe pour les retardataires. Le timing dans le serré donne du chassé croisé avec notre Dudu. Du jeune ancien à l’ancien jeune, il n’y a qu’un vestiaire qui nous sépare. La beauté de notre asso est là. Maxence dans l’accélération y laissera un muscle. La cicatrisation dans l’athlète est naturelle, il maitrise le cuir tant dans la couture que dans la beuchigue. Le trou est cependant pour lui une affaire de rupture. Nous eûmes du beau jeu. Les règles toujours incomprises donnent une densité sonore à nos foulées sans réserve. cette résonnance nous rapproche du lolo dans tous ses lalas.
L’en avant est source d’interprétation. Le subjectif est dans l’envolée. L’en-avant pour le défenseur d’en face est une destinée inversée. L’en avant n’est pas une perte mais bien un gain. L’absence de mêlée n’implique pas son silence. A l’inverse, le sonore prend le relais. Car le gain de l’en-avant adverse dans sa perception relative témoigne d’une interception ratée. Julien fait pas d’en avant. La passe à une main crée bien un leurre le référentiel arrière l’éloignant du gros en avant. Le physique s’épargne de l’interprétation, à défaut de l’expérience qui enlève le doute sur toute interprétation arbitraire. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas d’un avant du côté de l’équipe qui gagne.
C’est Alex qui dans ces manèges et sa vitesse donne aux castors des dos à retordre. Un brin diable de Tasmanie, et un brin bip bip, il aplatira plus que de raisons. Bouscaillou guidera les troupes avec un score en la faveur de l’équipe en sous nombre. L’élémentaire du mental en somme. La douche sera chaude. Les vestiaires se vident pour remplir le trou. Ce soir, c’est Titi qui régale!
Comme le trou était calme, paisible. Chewbacca avait déjà ciselé le jambon, la table était mise et Titi trônait déjà, vaquant à de menus détails car l’essentiel était fait. Une petite belote s’imposait. Et, comme d’ordinaire, ou presque, Jacouille eut non seulement la main heureuse mais aussi l’art de la faire fructifier, ne laissant que quelques miettes à ses comparses. Seul Titi lui résista un peu.



L’assemblée était belle, prête à recevoir les offrandes de notre pinson. Titi émit quelques trilles pour nous intimer de nous attabler.
La sauce bibiche
Bien sûr, il y avait, ponctuant la nappe blanche, de petites boîtes de Lou Gascoun. Mais il y avait aussi des œufs durs et de longs et lourds poireaux de Quinsac. Et il y avait surtout de la sauce bibiche, une variante de la sauce gribiche concoctée par l’incomparable Mamie Zinzin. Dieu que c’était bon. Amélie gloussait en pensant à ses poules.
Les repas se suivent et se ressemblent. Les cuistos d’un soir tirent la quintessence de l’art culinaire. Après la tête de veau divine de Maxence, un porc revenu patiemment dans une sauce délicate et parfaite, s’émiettant à peine, suave, tendre, accompagné de petites pommes de terres craquantes et douces. La cuillère de bois va être un vrai casse-tête même si la tête de veau…
Les antidépresseurs de Julien
Julien et Maxence eurent une conversation sérieuse et profonde. Julien lui confia qu’il ne traitait plus ses maux musculaires par des anti-inflammatoires mais des antidépresseurs. Maxence, surpris, marqua un temps d’arrêt. Et Julien de développer sa thérapie : « Tu comprends, même si je souffre encore, je n’y pense plus. » Maxence, dont les ischios venaient de lâcher à Musard, ne fut pas convaincu, au grand dam de Julien.
La main bourguignonne




Le lancer d’assiettes fut sans égal. Titi ponctuait chacun d’entre eux par des trilles sublimes. Quelle main ! Quel bec !
Tradition et Bourgogne obligent, une cancoillotte nous était promise. Arrosée de Sabite. Non, ce n’est pas une contrepèterie. Elles attendront Perdigue. Léo chantait. Du Bécaud. Et c’était beau.
Les années Léognan
Une salade de fruits en conclusion. Légère. Il n’y eut pas la chanson éponyme, et peu importe. La soirée pouvait se prolonger. Fléchettes et Jet. Sans belote. Chewbacca et JB revivaient avec émotion leurs années à Léognan, sous l’écoute émue du barde et d’Hamilton. C’est là que tout prit source.
Une nuit frisquette nous attendait. Le ciel était dégagé, la lune belle. Titi reprit le chemin de Quinsac, regagna les rives du fleuve Garonne où sa belle l’attendait. Comme le bruit du temps était lointain.