Par le Barde et Bardibulle

Sur le pré, Maxime et JuJu mènent les troupes. Le jeu sera alerte comme le synthétique se prête aux intervalles. Thibaud est en canne. Jean phi en habit de lumière. Le rendez-vous se fait sans place de parking. Il en est ainsi quand on veut courir. Il faut d’abord marcher. Le podium se mérite pas à pas.

Guitou aurait, lui choisi son camp. Un élégant en passe et un meneur éternel. Il avait ce chic d’attendre la troupe et de choisir son équipe. Le troc des converses en crampons n’avait pas son pareil. Son choix faisait le beau jeu. Et Le beau jeu le prêtait à une victoire. Notre Guitou s’en est allé. Et pourtant le pré reste bien imprégné de sa lumière. Le castor brille. Bises mon Guitou.

Le Tarbais est une montagne et sa nature tient d’une élégance certaine. Sur le pré il n’y a pas que le ballon qui se transmet. Maxence cherche à s’en rapprocher avec des feintes éternelles. N’est pas feinteur qui veut.

Le score se fera à la faveur des meilleurs. Il faudra penser à noter les essais. Un essai d’essais qui sait.

La douche puis la direction du trou. Ce soir c’est Alex qui est de bouffe.

Ceux du pré arrivèrent vers les 21:45. Pépé et le Tcho étaient déjà là ainsi que JB et le découpeur de jambon. Il y avait, bien sûr, une belote de comptoir que Jacouille ne gagna pas. Et oui, Cédric l’emporta. La Chalosse était en verve. D’autant que c’est Alex qui était de bouffe. Même s’il nous concocta un menu sans confits ni autres spécialités du cru. Enfin pas tout à fait côté cru.



Un premier mardi sans notre Guitou. Alexandre lui fit honneur. D’abord avec sa soupe  au butternut, matinée de patates douces, de gingembre et d’un peu d’oignon. Quel heureux mélange ! Alexandre a du goût, on le sait. Et le bon goût est dans le mélange. C’est un disciple de Montaigne : « L’unisson est la qualité du tout ennuyeux. » 

Le Poulpe est de retour

Titi et le Poulpe étaient tout heureux de se retrouver. Le Poulpe avait déserté ses océans et revenait d’un long périple en Afrique. Il croisa des buffles, des lions, des panthères. À chaque parole de son Pinson, il rugissait, mugissait. Et son Pinson de lui répondre par de tendres trilles sous le regard énamouré du Tcho.

Le cru d’Alex


Du tartare en suivant. Alexandre a de la suite dans les idées. Cette célébration du cru fut heureuse. Il y avait tout ce qu’il faut pour nouer la chair comme il sied. Et les frites épaisses qui accompagnaient la viande épargnée par la cuisson étaient craquantes. Hamilton apprécia, lui qui fut si longtemps rétif à cette pratique culinaire venue de la Mongolie. La main d’Alex est passée par là.

À défaut de « Quand vient la fin de l’été », nous eûmes, hélas, une chanson monotone. Une manière pour Pioupiou de célébrer celui qui le taquinait et qui ne nous quittera pas, n’est-ce pas.

Les fines herbes d’Attila



Le lancer d’assiettes fut entrecoupé de quelques fracas. Juste ce qu’il faut. Quelques éclats, rien que de très ordinaire. Alex a une bonne main, même sans son Tac.

Vint un camembert rôti aux fines herbes. Un must. Tout un chacun de l’étaler sur son petit bout de baguette.  Pour une raison qui nous échappa, le Tcho chercha en vain  la fève dans le camembert. Sans doute aspirait-il à être couronné. Pas de roi sans galettes lui asséna Maxime. Penaud, il revint à la raison et inclina son chef où nichent les oiseaux.

Et Amélie vint

Amélie nous avait rejoint. Il sortait de sa campagne. Il eut quelques restes.  Il vint au moment du riz au lait. Sait-on que les Mongols sont à l’origine de ce plat ? Après le tartare, il y avait là comme une suite logique. Toujours est-il qu’un air d’enfance se répandit dans le trou, pour le plus grand bonheur de notre Tarbais, sis en bout de table avec la jeune génération : Maxence, Juju et les autres.

Alex, entouré du bardibulle était aux anges. Il avait fait le plein de grâces.



Les derniers nés de notre petite communauté  firent une belote de comptoir. Les plus âgés papotaient autour de Flo vantant les mérites de sa montre connectée. Crouseille et le barde n’en pouvaient mais. Crouseille essaya la monture du nouveau monde. Amélie, lui,  resta dubitatif sur la modernité. Pour Amélie, le contemporain, c’est l’inactuel. D’ailleurs, c’est  ce qu’il remâche dans sa campagne.



La pluie s’était interrompue. Un croissant de lune se détachait dans le ciel. JB jeta un œil attendri sur notre constellation et sa nouvelle étoile. Elle avait un petit air d’Aconcagua.

C’est en tartarant qu’on devient tartare!

Alexeï khan –

Archiball Bordeaux depuis 1969