Une douzaine à Musard, treize plus précisément, treize à la douzaine. Et même une quinzaine lorsque Boki, fraîchement revenu de Las Vegas, nous rejoignit accompagné de son compagnon de virée. Le Tarbais était en feu. Dudu, auteur d’un doublé, plus alerte que jamais. Rémi suivait sagement les conseils de Christophe et de Julien afin de prendre de la hauteur. Fayouz filait doux sur son aile. Un fringant toucher d’automne sous le ciel de Musard. Même si l’ombre du Bardibulle se faufilait ça et là.

Présence de la Fée


Cette fois-ci, la Fée était bel et bien présent. Pas de Pioupiou pour le suppléer et quêtait une improbable cuillère de bois. Oui, la Fée était là, plus en chair qu’en os. Alain Fajolles avait fait le déplacement. Le trou était garni.



Le velouté fait foi

C’est la saison des soupes. La fin de l’automne. C’est la saison des veloutés. La Fée nous régala d’un velouté de courgettes, suave, délicat. Perdigue trempa de petits bouts de baguette dans le divin breuvage et le nappa de poudre à faire grimper la vieille. « Putain, c’est chaud » dit-il. Tout au bout de la table Fayouz, voisinait avec Christophe, le Prez et Cédric, l’humeur joyeuse. Auprès de la Fée, JB, Chewbacca, les deux Alain, Dudu et Tautau.



La saucisse ou les bontés d’Amélie

Puis, ce furent des saucisses de sanglier. Et oui, le sanglier se décline aussi en saucisses, qu’on se le dise. Et pour l’accompagner, des lentilles. Les saucisses allaient par deux. Pas les lentilles, cela va de soi. Amélie se contenta d’une seule saucisse par souci d’équité, afin que nos jeunes pousses, sises autour du comptoir flambant neuf, ne soient pas en reste. Ah ! les bontés d’Amélie. Les lies de l’âme ne sont pas de son fait. Que sonne l’hallali pour chanter ses louanges.

La main du veneur



Quel lancer d’assiettes ! Impétueux, précis, souverain, mené tambour battant. Pas un fracas, pas une chute. Du très très grand art. Les veneurs ont une main incomparable. Le cor ou l’assiette, c’est tout un : un souffle divin.

Pour fromage, un camembert Les croisés, fondant en bouche. La baguette s’étant épuisée, un pain marocain fit l’affaire. Il y avait dans ce transfert un oeucuménisme de bon aloi. Il faut savoir mêler nos pains. Un sain rappel par les temps qui courent. Qui est assez sot pour imaginer qu’une civilisation se suffit à elle-même et qu’elle n’est pas le fruit de mélanges bienvenus.

Une petite touche italienne pour la Saint-Kiki

Une petite touche italienne in fine. Des pana cota au miel, dorées et exquises. Encore de la douceur. Nous pensions à notre Kiki puisque c’était jour de sa fête. Il est là notre Kiki, avec une telle évidence, comme si la faucheuse, cette garce, n’avait pas gagné la partie. Normal, la racine de ce prénom est grecque, Kristos, et veut dire messie.

Et les trez de faire le devoir, sous l’oeil de l’ancien.



Fin de partie

Les jeunes s’attardaient au comptoir flambant neuf autour d’une belote. Les plus anciens avaient pris le chemin du retour. Lolo, bien au chaud sous ses couvertures, pensait à sa proche libération. Et le Bardibulle était, sans aucun doute, dans les bras de Morphée.

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