Douze sur le pré.

Un parfait six contre six. De la jeunesse, avec Tic et Tac, l’un contre l’autre, Julien. De l’expérience avec Christophe et Toto, vêtu d’un camaïeu d’oranges, paraphant le pré de ses courses victorieuses. De la fougue avec Jean-Phi. De la maturité bien sonnée avec le barde et Dudu. Las, il manquait le Bardibulle et sa cinquantaine récente, ses interceptions souveraines, bien qu’il eut un disciple, en la personne de David. Une douzaine galopante, virevoltante en ce doux soir d’automne.

Cédric au pied levé

Au trou, Cédric remplaçait Fayouz au pied levé. La Chalosse est altruiste, généreuse. Pas de Pépé parti vers ses îles. Nous  étions une vingtaine. Le Prez d’antan était là, serti dans une chemise blanche. Et Tchewbacca qui, comme d’ordinaire, avait découpé de fines tranches de jambon pour ses compagnons du soir. Et Pioupiou, of course.

Sur le nouveau comptoir, une belote avec le vieux quatre, Titi, Hamilton, Toto, Jacouille qui, sans doute, l’emporta haut la main puisqu’il a la main heureuse notre Jacouille. Jeux de mains, jeu de Jacouille.


Les bienfaits de Cédric


Cédric est de l’été. Une salade mêlant concombres, olives, tomates, féta en entrée. Et de petites galettes de farine craquantes, que d’aucuns découpèrent à la manière d’un prêtre préparant le partage du corps du sauveur.

En plat principal, il fit dans le sobre. Rôti de porc et purée. Un rôti serti par de petites tomates et des lamelles d’oignons, un tendre rôti, goûteux et suave. Chacun put retrouver un peu de son enfance en creusant sa purée pour y accueillir la sauce. Il fallait voir le vieux quatre redevenir celui qu’il n’a cessé d’être. Pieusement, il portait sa fourchette à ses lèvres et soupirait d’aise après avoir dégluti chaque bouchée.

Le lancer d’assiettes fut une formalité pour Cédric. Un sans-fautes salué par Jacouille. Quelle main sûre ! Elle nous manque sur le pré mais le temps du pré reviendra.

Un trio de fromages : Comté, camembert, brie. Puis du gâteau basque qui aux amandes, qui au chocolat. Nous étions repus, bien-aises comme disent souvent  les charentais.

Nous restâmes longtemps à table. Parlant du début de saison de l’UBB, de Sapiac ou d’autres choses. Puis nous prîmes du passe-menthe au comptoir originel, ou du Jet pour Amélie.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour, le Prez d’avant pensait à notre Guitou en chantonnant « Dis quand reviendras-tu ? » Tic et Tac, bras dessus, bras dessous, remontèrent le cours de la Marne en dansant. Le barde pensait à notre Lolo et ses petits bobos en fredonnant « Ce n’est rien ». L’automne est propice à la chanson. Si le castor a l’âme guillerette, il a aussi l’âme tendre.

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