Par le Barde et Bardibulle

Et c’était encore un Chalossais qui œuvrait en ce dernier mercredi de novembre. Autant dire qu’il fallait s’attendre à du lourd ; et du lourd nous en eûmes. Mais pas celui que l’on attendait. Il faut dire que Joël a un versant Est, qu’il n’est pas exclusif de cette terre des Landes. L’Alsace est aussi dans son ADN. Nous sommes des êtres mêlés, fût-on de l’Ain ou du Gers.

Le Gers est l’antre de notre Dudu, il est en ce sens un mélange de Gascogne. Les gars cognent et méritent leur accent. Kiokio diou biban ! Du tursan à l’heure. Quoi de plus beau que la dacquoise à l’œil noir !  La région a ses caractères et c’est pour cela que l’ovale s’y porte si bien. La Chalosse est en son centre un pays à part entière. Il y aura toujours un coin coin qui nous rappelle. Et Joêl dans sa choucroute claironne l’universel dans ses racines. Con se le dise.


L’entrée fut donc charcutière et avec pour seule touche de canard, une mousse délicate. Mais l’essentiel tenait du porc : rillettes et campagne. La quantité était là pour la trentaine de convives.

Joël trônait en bout de table à côté d’Amélie, lui-même à côté de Croucrou, etc. Aux extrémités, notre jeunesse flamboyante. Au cœur de la table, Prez Arnaud, près de notre Pinson et de Guitou, rayonnant comme jamais. Jacouille, la mèche rebelle, le regard vif et tendre, sous Coco, occupait sa place incomparable, près de sa progéniture.


Trois plateaux de fromages avec une petite étiquette pour chacune des variétés, furent disposés sur la table. Quelle délicatesse ! Brebis, camembert, Saint-Nectaire, Comté de 18 mois. Rien que du très haut.

Et c’est tout naturellement par une tarte aux pommes que nous conclûmes nos agapes. Mais une tarte aux pommes façon normande. Nous étions repus.

Christophe recevait notre écot. Sagement. Dignement. Notre pinson et le Poulpe se serrèrent l’un contre l’autre près du comptoir. Le temps n’a pas de prise sur le lien qui les unit. Des chansons d’autrefois s’échappaient de l’enceinte. Il y eut même de l’accordéon.

Une belle nuit d’automne nous attendait. La ville était calme. Guitou remonta jusqu’au cours du Tigre, Hamilton jusqu’à la rue de la sainte patronne des musiciens, le Bardibulle jusqu’à la patrie de l’Esprit des lois. Nos destinées ne sont jamais arbitraires.

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